Principes de l’augmentation mammaire par prothèse

  • L’hypoplasie mammaire est définie par un volume de seins insuffisamment développés par rapport à la morphologie de la patiente.
  • Le principe de l’augmentation mammaire par prothèse est d’augmenter le volume de la poitrine trop petite grâce à l’implantation de prothèses.
  • Cette chirurgie n’est prise en charge par l’assurance maladie que si le volume des seins est très petit (soutien-gorge de bonnet A non rempli).

Technique chirurgicale de l’augmentation mammaire par prothèse

Voies d’abord

  • Voie aréolaire : l’incision est située au niveau de la moitié inférieure de la circonférence de l’aréole.
  • Voie axillaire : l’incision est située sous le bras, dans l’aisselle.
  • Voie sous-mammaire : l’incision est située dans le sillon situé sous le sein.
Augmentation_mammaire_Incisions

Mise en place des prothèses

Augmentation_mammaire_Prothese_premusculaire
  • Prémusculaire : les prothèses sont placées entre la glande et les muscles pectoraux. C’est la technique le plus souvent utilisée, quand la graisse sous-cutanée est suffisamment épaisse pour cacher le relief de la prothèse en haut du relief du sein.
Augmentation_mammaire_Prothese_premusculaire
  • Prémusculaire : les prothèses sont placées entre la glande et les muscles pectoraux. C’est la technique le plus souvent utilisée, quand la graisse sous-cutanée est suffisamment épaisse pour cacher le relief de la prothèse en haut du relief du sein.

Gestes complémentaires

  • En cas de ptose mammaire associée (seins tombants, aréoles basses), il est nécessaire de réduire l’enveloppe cutanée du sein afin de le faire remonter («mastopexie»). Dans ce cas, les cicatrices sont plus importantes (cicatrice verticale ou en T).

Drains et pansements

  • Un drain est parfois mis en place . En fin d’intervention, un pansement « modelant » est réalisé avec un bandage élastique.

Durée

  • 1h à 2h

Suites de l’augmentation mammaire par prothèse

  • Les suites opératoires sont parfois douloureuses les premiers jours, notamment les implants sont placés derrière les muscles. Un traitement antalgique, adapté à l’intensité des douleurs, sera prescrit pendant quelques jours.
  • Oedème (gonflement), ecchymoses (bleus) et gêne à l’élévation des bras sont fréquents les premiers temps.
  • Pansement : pansement léger mis en place sur les cicatrices.
  • Contention : soutien gorge et contenseur pendant 6 semaines.
  • Fils de suture : résorbables.
  • Interruption d’activité : 5 à 10 jours.
  • Arrêt du sport : 2 mois.

Résultats de l’augmentation mammaire par prothèse

    • Un délai de deux à trois mois est nécessaire pour apprécier le résultat définitif. C’est le temps nécessaire pour que les seins aient retrouvé toute leur souplesse et que les prothèses se soient stabilisées.
    • Le but de cette chirurgie est d’apporter une amélioration et non pas d’atteindre la perfection. Si vos souhaits sont réalistes, le résultat obtenu devrait vous donner une grande satisfaction.
    • Indépendamment de la durée de vie des prothèses et exception faite de la survenue d’une variation importante de poids, le volume des seins restera stable à long terme.
    • Toutefois, en ce qui concerne la forme et la « tenue » de la poitrine, les seins «augmentés» subiront, comme des seins naturels, les effets de la pesanteur et du vieillissement, avec une rapidité variable en fonction de l’âge et des qualités de soutien de la peau, mais aussi du volume des implants.

Certaines imperfections peuvent se rencontrer occasionnellement :

    • une asymétrie de volume résiduelle, incomplètement corrigée malgré des implants de taille différente.
    • une fermeté un peu trop grande avec souplesse et mobilité jugées insuffisantes (surtout avec de gros implants).
    • un aspect un peu artificiel, notamment chez les patientes très maigres, avec une trop grande visibilité des bords de la prothèse, en particulier dans le segment supérieur.
    • la perceptibilité au toucher des implants est toujours possible, surtout quand l’épaisseur de la couverture tissulaire (peau + graisse + glande) recouvrant la prothèse est faible (a fortiori avec de gros implants).
    • l’aggravation d’une ptose mammaire peut être observée, surtout en cas d’utilisation de volumineux implants.

En cas d’insatisfaction, certaines de ces imperfections pourront éventuellement bénéficier d’une correction chirurgicale après quelques mois.

Questions sur l’augmentation mammaire par prothèse

Anesthésie

  • Type d’anesthésie : Il s’agit le plus souvent d’une anesthésie générale.
  • Modalités d’hospitalisation : L’hospitalisation dure en général une journée. L’entrée s’effectue le matin (ou parfois la veille dans l’après-midi) et la sortie est autorisée le lendemain.
  • Dans certains cas, l’intervention peut se pratiquer en « ambulatoire », la sortie a lieu le jour même après quelques heures de surveillance.

Grossesse/allaitement

Après une mise en place de prothèses mammaires, une grossesse est envisageable sans aucun danger, ni pour la patiente ni pour l’enfant mais il est recommandé d’attendre au moins six mois après l’intervention

Pour ce qui concerne l’allaitement, il est possible car les prothèses sont situées dans un plan anatomique différent de celui de la glande mammaire.

Maladies auto-immunes

Les très nombreux travaux scientifiques internationaux réalisés à grande échelle sur ce sujet ont unanimement apporté la preuve qu’il n’y a pas plus de risque de survenue de ce type de maladies rares chez les patientes porteuses d’implants (en particulier en silicone) que dans la population féminine générale.

Prothèses et cancer

Dans l’état actuel des connaissances, on peut affirmer que l’implantation de prothèses mammaires, y compris en silicone, n’augmente pas le risque de survenue d’un cancer du sein.

Cependant, dans le cadre du dépistage du cancer après implantation, l’examen clinique et la palpation peuvent être perturbés surtout en cas de coque périprothétique ou de siliconome. De même, la présence des implants peut gêner la réalisation et l’interprétation des mammographies de dépistage à faire régulièrement. Il faut donc systématiquement préciser que vous êtes porteuses d’implants mammaires. Ainsi, certaines techniques radiologiques spécialisées (incidences particulières, images numérisées, échographie, IRM, etc.) pourront être utilisées en fonction des cas. Par ailleurs, en cas de doute diagnostique sur un cancer du sein, il faut savoir que la présence de prothèses peut requérir une exploration plus invasive pour obtenir une certitude diagnostique.

 

Durée de vie des implants

Même si on peut voir certaines patientes conserver leurs implants plusieurs décennies sans modification majeure, il ne faut pas considérer la mise en place de prothèses mammaires comme quelque chose de définitif «à vie». Ainsi, une patiente porteuse d’implants peut s’attendre à devoir un jour remplacer ses prothèses afin que l’effet bénéfique soit maintenu. Les implants, quels qu’ils soient, ont une espérance de vie incertaine qu’il est impossible d’estimer précisément puisqu’elle dépend de phénomènes d’usure de rapidité variable. La durée de vie des implants ne peut donc en aucun cas être garantie.

Il faut noter toutefois que les implants de nouvelle génération ont fait de gros progrès en terme de résistance et de fiabilité. A partir de la dixième année, il faudra se poser la question du changement de prothèses si apparaît une modification de consistance.

 

Surveillance

Il est essentiel de se soumettre aux visites de contrôle prévues par votre chirurgien dans les semaines puis les mois qui suivent l’implantation. Ultérieurement, la présence des implants ne soustrait pas à la surveillance médicale habituelle (suivi gynécologique et dépistage du cancer du sein), même si elle ne nécessite pas de faire réaliser des examens en plus de ceux liés à cette surveillance. Il est pour autant indispensable de spécifier aux différents médecins intervenant que vous êtes porteuse de prothèses mammaires.

Une consultation de surveillance, spécifique aux implants, auprès de votre chirurgien plasticien est conseillée tous les deux à trois ans, mais, en dehors de ce suivi, il est surtout fondamental de venir consulter dès qu’une modification d’un ou des deux seins est détectée ou après un traumatisme violent.